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Empreinte carbone 2025 : les émissions baissent, l’empreinte des Français presque pas

La France émet moins de gaz à effet de serre, mais l’empreinte carbone de ses habitants ne baisse presque plus. C’est le principal enseignement de l’Insee Première publiée le 13 octobre par l’Insee et le service statistique du ministère de la Transition écologique (SDES). Derrière deux chiffres qui semblent se contredire, une mécanique simple : ce que nous consommons est de plus en plus fabriqué ailleurs. Décryptage, données à l’appui.

Deux indicateurs, deux histoires #

Il faut d’abord distinguer deux mesures. Les émissions françaises comptent les gaz à effet de serre rejetés par les ménages et les entreprises résidant en France. L’empreinte carbone, elle, additionne tout ce qui sert à satisfaire la demande finale française, y compris les émissions produites à l’étranger pour fabriquer les biens que nous importons, et en retirant ce qui part à l’exportation.

Selon l’Insee Première n° 2130, les émissions françaises s’établissent à 398 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq) en 2025, soit 5,8 tonnes par personne. L’empreinte atteint 571 Mt, soit 8,3 tonnes par personne. L’écart, 173 Mt, mesure en quelque sorte le carbone que la France « importe » plus qu’elle n’en exporte.

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Les émissions reculent de 1,7 % #

En 2025, les émissions françaises baissent de 1,7 %, soit 6,8 Mt de moins qu’en 2024. Le recul est légèrement plus marqué que l’année précédente (-1,5 %), alors que le PIB ralentit, à +0,8 % après +1,5 %. Pour mesurer le chemin parcouru, l’Insee rappelle qu’elles atteignaient 472 Mt en 2019, soit 7,0 tonnes par personne.

Où la baisse a eu lieu

Les émissions des activités économiques diminuent de 5,4 Mt. L’industrie manufacturière contribue à plus de la moitié de cette baisse (-2,9 Mt), dont la moitié pour la seule industrie chimique. La réduction du cheptel bovin, très émetteur de méthane, retire 1,0 Mt aux émissions agricoles. Le transport maritime international et le transport terrestre reculent chacun de 0,6 Mt.

À contre-courant, les émissions des compagnies aériennes nationales augmentent de 1,2 Mt, soit +6,3 %, portées par la croissance du trafic. Le raffinage progresse aussi, de 0,3 Mt, avec une activité qui rebondit fortement.

Côté ménages, la baisse est plus timide : -1,3 %, alors que leurs émissions directes reculaient en moyenne de 2,3 % par an entre 2010 et 2025. Les logements perdent 0,6 Mt grâce à la décarbonation du chauffage, les voitures 0,7 Mt.

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L’empreinte, elle, marque le pas #

L’empreinte carbone ne recule que de 0,6 % en 2025, soit 3,6 Mt. Après -6,2 % en 2023 puis -2,7 % en 2024, « la baisse de l’empreinte carbone marque ainsi nettement le pas », écrit l’Insee. Par rapport à 2019, où elle s’élevait à 9,5 tonnes par personne, le progrès reste toutefois net.

Pourquoi ce décalage ? Parce que la moitié de l’empreinte vient d’ailleurs. Sur les 571 Mt, 296 Mt sont importées (52 %), 175 Mt proviennent des activités économiques françaises (31 %) et 100 Mt des émissions directes des ménages (18 %). Or les émissions importées sont quasi stables (-0,3 %). Les importations repartent à la hausse en 2025 (+2,8 % en euros constants), et la baisse de leur contenu carbone par euro, de 3,3 %, ne fait que compenser ce rebond.

Un détail qui change la lecture : les exportations

Autre élément souvent ignoré : près des trois quarts de la baisse des émissions des branches françaises concernent des biens et services exportés (-3,9 Mt). Ces réductions améliorent le bilan territorial de la France, mais pas son empreinte, puisque ces produits sont consommés à l’étranger. Seul un peu plus d’un quart de la baisse (-1,6 Mt) bénéficie à la demande intérieure.

L’Insee signale aussi un effet comptable : les variations de stocks. Hors stocks, l’empreinte baisse de façon plus régulière, de 1,8 % en 2025 après 1,6 % en 2024.

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D’où vient notre carbone ? #

La publication ventile l’empreinte selon l’origine géographique des émissions. En 2025, 48 % des gaz à effet de serre sont émis en France, 12 % dans le reste de l’Union européenne, 10 % en Chine, 4 % aux États-Unis et 2 % en Russie, contre 6 % en 2021 avant la guerre en Ukraine.

Par usage, les déplacements pèsent 25 % de l’empreinte, l’alimentation 23 % et l’habitat 20 %. Les services principalement publics en représentent 13 %, les équipements 10 % et les services marchands 9 %. Par produit, les industries agroalimentaires (64 Mt) et la construction (61 Mt) arrivent en tête.

Ce qu’il faut retenir pour lire les prochains chiffres #

Ces données 2025 sont provisoires et l’Insee précise avoir légèrement révisé les séries précédentes : comparer avec un chiffre publié l’an dernier peut induire en erreur. Mieux vaut toujours repartir de la dernière série complète, téléchargeable au format tableur sur la page de la publication.

Pour une perspective longue, une Insee Analyses parue le même jour revient sur la période 2010-2025 : la demande finale intérieure a augmenté pendant que l’empreinte diminuait, « principalement grâce à la décarbonation des produits ». Hors émissions directes des ménages, l’empreinte s’y établit à 471 Mt en 2025. Le SDES détaille également la méthode dans ses chiffres clés du climat.

La leçon est claire : un pays peut réduire ses émissions sur son sol sans réduire d’autant le carbone de sa consommation. Suivre les deux indicateurs ensemble reste la seule façon de ne pas se tromper de diagnostic.

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